Déduire une charge suppose trois conditions : qu'elle serve l'activité, qu'elle soit justifiée par une pièce, et que votre régime le permette. Le troisième point est celui qui surprend le plus les chauffeurs en micro-entreprise.
En micro-entreprise, vous ne déduisez rien. L'administration applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d'affaires, censé représenter vos charges. Vos dépenses réelles n'entrent pas en ligne de compte : ni le carburant, ni les commissions, ni le véhicule.
C'est acceptable tant que vos charges restent en dessous de l'abattement. Ça devient très coûteux dès que vous financez un véhicule ou que vos commissions plateformes montent, parce que vous payez de l'impôt et des cotisations sur un revenu que vous n'avez jamais touché.
La liste qui suit concerne donc les chauffeurs au régime réel, en entreprise individuelle ou en société.
Trois modes de financement, trois traitements comptables :
| Mode | Ce que vous déduisez |
|---|---|
| Achat comptant ou à crédit | L'amortissement du véhicule étalé sur sa durée d'usage, plus les intérêts d'emprunt |
| Location longue durée (LLD) | Le loyer mensuel |
| Location avec option d'achat (LOA) | Le loyer mensuel, puis l'amortissement après la levée d'option |
Attention au plafond de déduction applicable aux véhicules de tourisme selon leurs émissions de CO₂ : une partie de l'amortissement ou du loyer peut être réintégrée. C'est un point à vérifier avant d'acheter, pas après.
Bonne nouvelle spécifique au métier : les véhicules affectés au transport public de personnes échappent à l'exclusion du droit à déduction de la TVA qui frappe les voitures particulières. La TVA sur l'achat et sur le carburant est récupérable — un avantage que beaucoup de chauffeurs ignorent.
Les repas. Un repas pris seul pendant le service n'est déductible que pour la fraction dépassant le montant forfaitaire représentatif d'un repas pris à domicile, et uniquement si l'éloignement est justifié par l'activité. Déduire l'intégralité de ses déjeuners est un redressement quasi systématique.
Les vêtements. Un costume n'est pas déductible : il n'est pas spécifique à l'exercice de la profession. Une tenue floquée aux couleurs de votre société l'est.
L'usage privé du véhicule. Si votre véhicule professionnel sert aussi le week-end, une quote-part doit être réintégrée. En société, l'usage privé constitue un avantage en nature à déclarer.
Les amendes. Jamais déductibles, quelles que soient les circonstances.
L'absence de justificatif. Un relevé bancaire n'est pas une pièce comptable. Sans facture, la charge est rejetée et la TVA correspondante l'est aussi.
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Découvrir le cabinet →Non. Le régime micro applique un abattement forfaitaire qui remplace toute déduction de charges réelles. Si votre véhicule représente un investissement important, la société devient généralement plus avantageuse.
Oui, pour un véhicule affecté au transport public de personnes, contrairement à ce qui s'applique aux voitures particulières classiques. C'est l'un des avantages fiscaux propres au métier.
Oui, pendant la durée légale de conservation des pièces comptables. Une photo lisible de la facture suffit dans la plupart des cas ; le relevé bancaire seul ne constitue pas une pièce justificative.